

Cette fois ça y est, plus de la moitié du parcours est réalisé. Encore 1200 milles environ pour arriver à Québec, c'est à dire l'entrée dans le golf du St Lawrence et la remontée de la rivière du même nom.
Depuis 2 jours les conditions sont calmes, voir très calmes et l'équipage en profite pour se reposer, après quelques émotions liées à une réparation sur la drisse de grand-voile.
En effet avant-hier Gildas nous a fait part d'un blocage de la grand voile empêchant l'équipage de prendre un riz. Après une inspection en détail, le diagnostique a été posé : la drisse est bloquée en tête de mat à cause d'un gainage de renfort qui à lâché. Pas de doute il faut monter la haut, c'est à dire à 16 mètres de haut avec un bateau en mouvement. Opération délicate qui nécessite de prendre de nombreuses précautions.
Après une heure de travail en tête de mat pour Gildas et de maintien du bateau en appui pour éviter les mouvements par le reste de l'équipage, tout est rentré dans l'ordre et la route peut reprendre. Gildas nous raconte un peu cette mésaventure :
"Salut les gars !
Excusez pour le délai, mais ça a pris 1 peu de temps (découpage du mouflage dans le sens de la longueur sur environ 80 cm).
le Class 40 SEFICO est très beau de là haut, perdu dans les brumes de l'Atlantique Nord, avec ses petits hommes en jaune qui mettent de la couleur sur la mer vert de gris!
Magnifique travail d'équipe pour maintenir le bateau appuyé (ils l'ont même fait marcher pile sur la route, le vent ayant faibli durant l'opération), me hisser dans les règles de l'art et me passer les outils nécessaires. Conclusion de l'histoire: le mouflage est très résistant (très dur à couper avec n'importe quoi d'autre que le cutter)"
Après cette opération Groupe SEFICO a repris sa route vers Québec dans des conditions très clémentes, laissant enfin l'équipage souffler après le coup de vent des jours derniers. Repos bien mérité ou chacun peut vaquer un peu à ses occupations et faire un point sur cette traversée de l'atlantique comme vous pourrez le lire sur le message reçu hier soir :
"Nous vivons vraiment des moments extraordinaires, fabuleux, exceptionnels que nous partagerons avec vous, femmes, enfants, amis, collègues pendant de longues années……. Nous avons une chance indécente.
Plus prosaïquement, nous avons fait un point à date cet après midi de notre programme prévisionnel et des promesses de cette traversée, commencée il y a maintenant 8 jours :
• Ce qui est fait :
Petit temps, Vent de 45 nds, Vagues de 7 mètres de haut, comme sur Thalassa, Surf sur des vagues de 7 mètres dans l’atlantique nord, que même le colonel US qui surfait dans l’embouchure du mekong dans « Apocalypse now » sur l’air des walkyries passait vraiment pour un rigolo.
Soleil, des baleines, des troupeaux de dauphins, un équipier en tête de mat (Gildas) par 25 nd de vents, de la vitesse : 20 nds au surf.
Le stress du rationnement, un ciel étoilé mieux que dans les livres, un océan éclairé par des planctons, de la brume très épaisse, limite angoissante.
• Ce qui reste à faire :
Surf sous spi, voir des sirènes, bien que pour cette option nous allons demander un remboursement depuis que Gildas nous a expliqué que les sirènes sont en fait des dauphines avec d’énormes pectorales que les marins aperçoivent généralement en période d’hallucinations.
Se faire livrer des croissants beurres et l’Equipe pour le petit déjeuner. Nous y avions cru hier quand nous avons croisé un super tanker surgissant de nul part dans la tempête. Nous avons assez rapidement vu qu’il se déroutait non pas pour nous livrer mais en fait pour nous éviter.
Petite baignade, pêcher.
A notre départ nous avions discuté de nos priorités en arrivant à Québec…..la première était une bonne bière, ensuite un bon repas, puis une douche. Après ces 8 jours et les quelques jours un peu sportif que nous venons de vivre les priorités ont changé : D’abord une bonne douche, chaude (+ de 10°) qui coule d’un robinet sans compter et sans être obliger de pomper. Un repas assis, sur une vrai table qui ne bouge pas, avec de vrais verres et de vrais assiettes en regardant un match de l’équipe de France. Ensuite un lit….horizontale et sec…Nous commençons à relativiser……"
Tout va donc à merveille à bord. L'équipage envisage maintenant son approche de Newfoundland, ile à l'entrée du golf et très certainement une escale technique à St Pierre pour réparer les feux de navigation, qui n'ont pas appréciés les bains fréquents.
Prochaine info n° 6 vendredi 13 juin
Xavier POIROT
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